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Vous pourrez y trouver pas mal de livres anciens ou plus récents sur la mer, les bateaux, l'architecture et la construction navale, les navigateurs...

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Travaux autour du pont

Travaux autour du pont


Infographie YPAM

Cette belle vue d'ensemble de l'avancement des travaux date de septembre 2016. Réalisée en interne (comme le très bel assemblage sphérique d'Eider II dû à Cyrille Vimare), voici donc un nouvel aperçu pédagogique de l'avancement des travaux.

Le barrot temporaire indiqué par distraction "bau provisoire" sur l'éclaté est pratiquement au maître-bau (la largeur maximale) du bateau.

Il empêche la raideur des bauquières et sous-bauquières de refermer spontanément le bateau. Il va rester en place jusqu'à ce que les parties supérieures des cloisons se rejoignent.

Les bauquières bâbord et tribord sont ces longues pièces de bois qui renforcent le haut de la coque par l'intérieur. Les sous-bauquières les doublent sur toute la longueur du roof.

Les élongis courent eux aussi tout le long du roof ; ils reçoivent une extrémité des barrotins et supporteront par la suite les hiloires de roof.

Eider II

Une quarantaine de barrotins vont bientôt garantir la solidité des passavants et le bon maintien des hiloires de roof.

Avant leur pose, il faut donc procéder à la fixation définitive des élongis au niveau de deux cloisons : celle située au niveau du mât et celle de l'arrière du roof (photo suivante).

Un autre barrot provisoire sera positionné entre les deux demi-cloisons (qui n'en forment désormais plus qu'une seule depuis leur raccordement ; voir article "Maître-bau") pour les appuyer contre leur élongis respectif.

La consolidation de la cloison de mât étant dans sa dernière phase (pose des massifs avant et arrière et adaptation des barrots), la fixation des élongis sur la cloison arrière va pouvoir commencer...

Cloison et epontilles

La pose des barrotins (en douglas) de l'arrière est achevée (août 2018).

Elle était subordonnée au montage de deux nouveaux élongis (en sapelli) qui prolongent ceux du roof.

Ceux-ci viennent s'encocher sur le seul barrot de l'arrière du bateau.

Le pont arrière sera en fait plus court qu'à l'origine de sorte que les prochains équipages bénéficieront de bancs plus longs où il sera désormais possible de s'allonger.

Notez que l'arrière des élongis du roof sont désormais fixés.

maica barrotin


bryell breskens maas

Et Breyell devint Bryell

Mai 68, Breskens


Breyell II

Mai 68, en hommage à la disparition accidentelle de l'un de ses employés, l'industriel belge Edward de Beukelaer, baptise son nouveau voilier "Breyell II", ville d'Allemagne où il possède une unité de production où se déroula ce tragique événement.

Breyell II, comme tout nouveau bateau lancé au chantier Maas, est équipé du clinomètre maison gravé à son nom. Personne ne semble y prêter attention car une petite distraction inaperçue à l'époque transforme Breyell en Bryell...

2 avril 2012. Penché sur l'écran de mon PC où s'affiche la photo du clinomètre, Franz Maas qui nous reçoit dans sa maison de Breskens comprend enfin de quel bateau je m'entretiens avec lui depuis plusieurs semaines ! 

Britton Chance et André Nélis m'auront donc certainement pris pour un hurluberlu jusqu'à la fin de leurs jours...

***

Breyell II, plan Britton Chance Jr. n°35

Breyell

Le plan n°35 aurait été commandé à Britton Chance, jeune architecte en vogue aux States, par un ex-copropriétaire de Tina qui, regrettant d'avoir cédé ses parts à son frère, souhaitait donc armer un bateau encore plus véloce...

Très audacieux, le plan n°35 choisi par l'industriel belge Edward De Beukelaer présente en toute logique des analogies avec celui de Tina. Ses appendices sont toutefois bien plus inclinés et sa quille doit être équipée d'un trimmer lesté de 300 kilos de plomb ! À l'intérieur, du moins sur le papier, le moteur est centré quitte à faire installer un coûteux et énergivore dispositif hydraulique pour entraîner l'hélice, décentrée sur bâbord, rating oblige.

Première problématique

Après son baptême à Breskens, rien ne se passe cependant comme prévu : les contres-performances de Breyell s'accumulent en course.

Elles semblent particulièrement dues à la difficulté de barrer dès que le vent forcît. André Nélis, double médaillé en  Finn, futur patron de la voilerie North Belgium et skipper du bateau signale qu'en plus d'être dure, la barre vient buter contre les parois de la baignoire du cockpit. Il suggère de la faire modifier afin qu'elle puisse raser les bancs. Cela ne changera pas grand chose...

La cause vient-elle alors de l'inclinaison du gouvernail ? Il sera finalement redressé, mais plus tard, par le propriétaire suivant qui se chargera de ces travaux apparemment indispensable. Le problème de Breyell était donc bien là, sous la flottaison ?

Oui et non : avant cette opération chirurgicale lourde, l'inclinaison de la mèche n'autorisait avec la barre qu'un angle de 50° ! Idéalement, cet angle doit être de 90°...

 

schema gouvernail origine

Une barre a beau être longue, plus on l'aligne avec l'axe de la mèche du gouvernail et plus son bras de levier diminue. La longueur effective du bras de levier de la barre, longue de 120 cm, n'était d'environ que de 77 cm (schéma).

Ceci expliquant cela...

Des essais au port, barre orientée vers l'arrière et positionnée à 90° par rapport à la mèche de safran, auraient pu valider cette théorie. Ensuite, seule l'installation d'une barre à roue pouvait résoudre "simplement" cette première problématique d'importance.

Cela dit, en redressant le gouvernail et en l'équipant d'un profil Naca compensé, le successeur d'Edward De Beukelaer fera d'une pierre deux coups : il apportera enfin douceur et liberté de mouvements à la barre au plan n°35 de Britton Chance.

Seconde problématique

Pour des raisons techniques évidentes, Frans Maas ne veut pas lester le trimmer et le fait réaliser en CP. Ses 300 kilos de plomb sont transférés plus haut, à la place du réservoir de gasoil dans le retour de galbord de la quille. Celle-ci prenant naissance bien en avant de l'épontille du mât, l'équilibre longitudinal de Breyell s'en trouve modifié. De son côté, l'aileron perd 15 % de sa masse initiale...

NB : en février 1968, tout en maintenant les niveaux de plomb de la quille et du trimmer, Britton Chance avait recommandé de placer au même endroit la même quantité de lest mais sous forme de grenaille. 

Jamais 2 sans 3 !

Sur le côté bâbord de l'épontille du mât, donc assez haut, est finalement installé le moteur Saab de 20 CV d'environ 100 kg (sans sa pompe de transmission hydraulique). Ses autres périphériques hydrauliques (133 kilos + supports acier divers) sont, à l'exception du boitier de l'hélice, positionnés au-dessus du niveau des planchers, sur bâbord.

Pour contrebalancer ce déséquilibre latéral, 170 kilos de gueuzes de plomb sont calés sous la moitié avant de la couchette tribord du carré...

Une motorisation peu efficace, encombrante, coûteuse et au final très lourde : plus de 400 kilos !

***

Compte tenu des résultats, son armateur déçu se sépare rapidement de son racer-cruiser flambant neuf. Pourtant la voilerie Gastra, son sponsor, l'avait équipé d'un excellent jeu de voiles dont une grand-voile révolutionnaire pourvue d'une longue latte forcée...

Sous She...

Rebaptisé par la suite She, Voodoo et enfin... Bryell, le plan Chance apporte satisfaction à ses propriétaires successifs, sa quille et son safran ayant été modifiés à l'époque de She.

500 kilos de plomb dans l'aile

Mais à quel prix ? Devenu très raide à la toile grâce aux 500 kilos rajoutés dans la quille, Bryell équipé de winchs puissants paraît dès lors condamné à fatiguer rapidement ses jeux de voiles, son gréement, ses équipiers.

Dans le petit temps, il n'est pas un foudre de guerre. À flot il paraît très enfoncé dans ses lignes tandis qu'au sec, le design improvisé du binôme safran/quille lui a fait perdre de sa superbe.

En l'absence d'une réelle concurrence (Tina), il remporte toutefois pas mal d'épreuves du CCMA jusqu'en 2012, année du début de son refit qui va durer 2 bonnes années.

 

bryell en tranches

***

 Configuration après refit

infographie nouvelle disposition


Renforts cloison mât

Cloison de pied de mât

Cloison de pied de mât


Affaire de sandwich...

Deux épontilles disposées au niveau de la cloison séparant le carré du cabinet de toilette reprennent la compression du pied de mât ; elles viennent sérieusement compliquer les menuiseries des finitions...

Cloison structurelle, coursive

L'une des caractéristiques des aménagements du Maïca concerne la coursive qui permet d'accéder du carré à la cabine avant. Son accès, central, se situe en effet sous l'emplanture du mât.

Habituellement, cet espace est encombré soit par le mât s'il traverse le pont, soit le cas échéant par son épontille.

Sue le Maïca, les architectes en ont disposé deux, espacées de 54 cm, pour permettre l'accès à la cabine avant via le cabinet de toilette qu'un astucieux système de portes sur charnières permet de reconfigurer en coursive.

Nouvelles épontilles

Le mât d'Eider II reposera désormais sur deux nouvelles épontilles, en aluminium. Celles-ci prennent appui sur la seule varangue en bois du bateau, les autres étant en acier inoxydable.

Pour pouvoir encaisser la compression du mât, un tronçon du barrotage est désormais réalisé en aluminium de forte section. Il vient s’emboîter sur les deux épontilles pour rigidifier le support extérieur du pied de mât.

Cloison, epontille

Assemblées, les deux demi-cloisons ont 18 mm d'épaisseur. Elles vont être arrimées au bas de chaque épontilles, à la bauquière, aux serres ainsi qu'aux deux barrots qui vont les prendre en sandwich. L'ensemble est sensé ne pas trop se déformer à la gîte...

Ces deux demi-cloisons sont chacune composées de deux épaisseurs de CP ; l'une de 10 mm (7 plis) et l'autre  de 8 mm (5 plis).

Une fois assemblées, on dispose ainsi de panneaux de 12 plis qui n'auraient pu contourner les élongis du roof s'ils avaient été réalisés en une seule épaisseur.

Ils sont collés à l'époxy et une imprégnation de primaire époxy protège leur chant.

Coursive

Les deux portes de la coursive seront en CP et vernies. Un coffrage de sapelli verni camouflera les épontilles ainsi que le haut de la varangue en bois ; seuls les deux renforts resteront apparents. Ils seront peints de la même teinte que les cloisons.

Photo : coursive d'accès à la cabine avant d'un Maïca CMN

Acces a la cabine avant

 

Chacune des 1/2 cloisons est prise en sandwich dans sa partie supérieure par deux massifs en sapelli.

Leur rôle est de reprendre la compression générée par les bas-haubans et les hiloires de roof.

Ces renforts sont eux-mêmes pris en sandwich par deux barrots, lesquels... sandwichent un tronçon de barrot en alu qui va participer à la reprise de la compression du mât.

Ce tronçon de barrot est posé sur les deux épontilles posées plus bas sur la varangue en bois du bateau.

Deux grandes platines en alu soudées en bas des épontilles maintiennent les panneaux qui y sont soigneusement vissés/collés.

Cloison de pied de mât


maitre bau maica

Cahier des charges


Maître-bau et carré


Carré

Au  maître-bau (voir lexique) d'Eider II, correspond la zone du carré où seront installées 2 banquettes.

Elles feront office de couchettes.

Plus en hauteur, seront installées 2 bannettes, partiellement escamotables (comme sur les Maïca CMN - Schéma ci-dessous).

Cahier des charges

Le cahier des charges du plan Illingworth & Primrose précisait en effet que sept équipiers devraient pouvoir vivre à bord pour des courses-croisières de plusieurs jours !

Peu adapté à la navigation hauturière, un système coulissant permettait de transformer l'une des banquettes du carré en couchette double.

Il est abandonné. Il s'agit désormais de disposer d'un bateau correspondant à sa vocation initiale : emmener de futurs stagiaires en course-croisière.

plan maica

Travaux en cours

Le barrot visible sur cette photo d'Eider II (en cours de démontage) correspond à l'emplacement de la cloison qui assurera sa fonction structurelle.

Il permettait en effet de contrer les forces qui tendent à rapprocher les 2 parois de la coque vers l'intérieur.

À contrario, il rendait acrobatique l'accès à la cabine.Pareillement à la cloison séparant le cockpit de la cabine (article précédent), les 2 demi-cloisons suivantes délimitent le carré de la cuisine et du coin navigation.

Elles devront aussi avoir une fonction structurelle."Auront" car les 2 demi-cloisons n'en feront plus qu'une seule afin de mieux contenir la pression latérale des parois de la coque.

Maica deponte

Assemblage des 2 demi-cloisons

L'ancien plancher a été provisoirement reposé pour faciliter la mise en oeuvre. Il sera remplacé plus tard...

Ajustage des doublantes

L'étape suivante consistera à coller leurs doublantes. Tant que les panneaux du bas (3 épaisseurs de CP) ne le seront pas, elles resteront démontables. Leur mise en peinture sera ainsi facilitée. Leur traitement fongicide a déjà été appliqué. Les chants des cloisons seront traités à la résine époxyde.

cloison maica

Number one

Lorsque le roof sera construit, un porque réunira les hauts des demi-cloisons pour finaliser leur fonction structurelle.

Sur Maïca "number one", cette cloison a un dessin très original.

Maica n 1

 


cloison

Cloison structurelle

Cloison structurelle arrière


Séparation roof/cockpit

Cette cloison qui sépare le cockpit de la partie habitable d'Eider II est structurelle. Elle participe en effet à la solidité du bateau et doit pouvoir encaisser la compression des nouvelles bauquières et contre-bauquières, les efforts de traction des bastaques, les amarrages de bateaux à couple et les coups de butoir de l'océan en furie...

Repose anciennes cloisons pour contrôle des cotes

Les nouvelles bauquières ont eu tendance à refermer Eider II de 4 à 5 cm.

Pour contrer ce phénomène dû à l'absence des aménagements et du pont, on a installé des barrots provisoires au niveau du maître-bau et de la cloison.

Un câble médian (visible sur photo 1 et 3) est tendu entre le tableau et l'étrave pour vérifier l'assiette du bateau (il penchait légèrement sur tribord depuis son calage au chantier).

Le centrage parfait de ce câble va permettre de fréquentes mesures et contrôles au fil à plomb pour une la pose correcte des aménagements.

cloison ancienne

Découpes

La découpe des 1/2 cloisons, du panneau central et des doublantes n'a pas posé de problème particulier.

Notez le chanfreinage destinés à améliorer le contact avec les membrures.

Elles seront boulonnées à des équerres en aluminium elles-mêmes visées sur les serres.

L'ouverture de droite correspond à la couchette "cercueil".

Deux tracés au crayon correspondent aux futures portes de la glacière (à gauche).

maica-yacht-classique-cloison-cockpit-01

Présentation et ajustage

Un espace de 2 ou 3 mm est aménagé entre le bordé et les cloisons (dont les chants seront traités à l'époxy avant leur pose définitive) pour éviter toute stagnation d'eau.

La découpe des parties hautes correspondant aux profils du pont et de l'arrière du roof sera finalisée lors de la pose des hiloires de roof.

Pour des raisons économiques et pour faciliter l'entretien, le cahier des charges de la restauration d'Eider II privilégie plutôt le laquage blanc des CP du cockpit.

D'où l'emploi d'un CP "super marine" tous plis Okoumé de meilleure qualité (7 plis) que celui d'origine (5 plis).

maica


Le bâti moteur et la varangue de pied de mât

Changement de livrée…


Changement de livrée


Blanc

Eider II en l'espace de deux ou trois semaines a troqué ses anciennes couleurs surannées contre du blanc ! Il ne s'agit pour l'instant que d'un primaire d'accrochage.

Par la suite, il sera recouvert de deux ou trois couches de finition d'un blanc plus sympathique.

Plus tard, un bon égrainage sera effectué avant la pose de chacune d'entre-elles pour assurer une bonne adhérence et une finition correcte.

Ultérieurement, une ultime couche sera appliquée sur les zones qui auront subi quelques dommages...

 

Application de l'apprêt en cours

Prochaines étapes

Finition des extrémités des 2 serres d'échouage et rivetage des différents éléments réparés (parties de bordés, membrures...), façonnage et pose de la cloison arrière du roof.

Chaud devant : Eider II en 360°

Survolez l'image avec le curseur de votre souris puis maintenez cliqué et glissez pour voyager dans Eider.

Utilisez la molette pour zoomer.

Panorama réalisé par Cyrille Vimare, bénévole de l'YPAM

[pano file="pano/Maica.html"]

 


Serres d’échouage


Serres d'échouage


Pose des serres d'échouage

La serre d'échouage n'est pas très facile à poser même lorsqu'il ne s'agit que de retrouver son emplacement d'origine...

Les deux bénévoles de l'YPAM qui s'affairent dessus peinent quelque peu ; elle coure en effet sur presque toute la longueur de la coque pour renforcer le bouchain de la carène.

Celui-ci, en cas d'échouage, peut prendre connaissance avec la nature des fonds lorsque le bateau gîté vient s'y appuyer.

Situation d'autant plus inconfortable lorsque petit à petit, le bateau est remis à flot par la marée montante.

Et que des vagues ou de la houle vient "mouvementer" l'opération...

Notez que déjà garni d'une première épaisseur de primaire d'accrochage blanc, l'intérieur de la coque d'Eider a retrouvé une certaine jeunesse.

Ajustage de la serre d'échouage

 


Le bordé du Maïca en cours de réparation

Le dernier bordé


Bordés, bordages et autres virures


Bordé et passe-coque

Ce bordé situé en avant de la varangue de pied de mât correspondait au coin toilette du bateau... Zone humide !

Un passe-coque de bon diamètre en avait diminué la section de près de 75 %, laissant les 25 autres à la merci d'un environnement aussi peu avenant qu'humide.

Il fallait donc faire quelque chose d'autant plus que quelques autres bordés avaient commencé à y laisser des plumes au contact de humidité ambiante.

Ces derniers ont été réparés par flipotage.

bordage maica eider 2

bordage maica eider 2

bordage maica eider 2


Varangues Maïca Eider 2

Varangues de pied de mât


Varangues de pied de mât


Travail de fond

Assez spécifique au Maïca, deux épontilles posées sur une robuste varangue en bois encaissent les efforts de compression du mât. Celui-ci repose au niveau du pont sur une profil en U (qu'il convient de ne pas interrompre au risque de le fragiliser) qui prend appui sur le haut des épontilles.

La belle courbe de l'épontille d'origine en lamellé permet sur le plan de conserver une hauteur sous barrot appréciable pour accéder au poste avant.

Mais dès lors où des menuiseries la coiffent, son dessin courbe devient aussi inutile que l'emploi de la technique du lamellé.

Par ailleurs, la courbe compliquant l'ajustage des épontilles, il est décidé de calquer le dessin de la varangue des Maïca CMN.

Le matériau des épontilles étant peu adéquat (échantillonnage trop important, rouille), elle seront remplacées.

Le haut de la varangue des CMN présentant une surface plane, celle d'Eider sera issue de trois pièces de chêne, une centrale qui servira de marche et de deux allonges vissées/collées (à l'époxy).

Enfin, sa fixation s'effectuera par collage au mastic polyuréthane et vissage au travers des bordés.

Varangue Maïca Eider 2

 

Particularité du plan du Maïca, la varangue en bois est superposée à une varangue métallique.

Sur Eider II, conformément au plan, la partie basse de la varangue en bois est ajourée. Une cornière métallique consolide toutefois sa base en laissant accessible l'un des écrous avant du lest.

Le traitement époxy qu'elle a reçu après sablage est surtout destiné à assurer une meilleure accroche à la peinture de cale.

Epontille Eider 2

Jonction varangue Eider 2

Ajustage varangue Eider 2

Ajustage épontilles

Garnitures des épontilles


Etambot Maica

Tableau & étambot


Tableau et étambot


Présentations & accessoires

Eider II, ce rare exemplaire de Maïca à tableau - cinq unités sont recensées sur Class Maïca - comporte une particularité au niveau de son gouvernail.

Illingworth attachant beaucoup d'importance à son design, le chantier Bertin apporta un grand soin à sa réalisation. Ne pensez pas que l'épaisseur de sa tête ne fut calculée que pour sa solidité ; son volume à la flottaison participe de fait à la prolongation de la carène autant pour canaliser les remous que l'allonger. La rédaction d'un article sur le gouvernail d'Eider étant prévue, revenons sur le tableau.

Les deux passe-coques du bas correspondent à l'échappement du diesel et à l'assèchement des fonds. Notez par contre la faiblesse du diamètre des deux trous supérieurs destinés à évacuer l'eau du cockpit ; même nos baignoires paraissent mieux équipées !

En haut du tableau, les deux ferrures en coin accueillaient encore avant la prise du cliché la patte d'oie du pataras ainsi que le pouliage de spi (ou d'écoute basse du foc quadrangulaire).

Quant au balcon, à la simplicité à toute épreuve, il semble avoir été réalisé dans un alliage très léger ; quelqu'un m'a effectivement glissé dans l'oreille qu'une partie de l'accastillage qu'Eider fut façonné à l'arsenal de Toulon. Une combine d'Illingworth, par contre certainement étranger à l'installation du disgracieux support du moteur hors-bord.

 

Etambot et tableau eider 2


Travaux

L'étambot visible à l'arrière du cockpit a pourri sur son dessus et au niveau du plancher. Le tableau présente de nombreuses zones de pourriture difficiles à traiter localement. Il est donc préférable de procéder à leur complète dépose, tout bricolage étant à éviter dans cette zone particulièrement sensible du bateau.


superstructures

Superstructures – Emménagements


Dépose des superstructures et des emménagements


Comme il fallait s'en douter...

L'état peu engageant des superstructures allait engendrer...

Une refonte totale

Posé sur un CP (contreplaqué) tout okoumé de 15 mm léger pour la performance mais peu résistant à l'humidité, le lattage teck a contribué à la détérioration du pont en dissimulant les infiltrations d'eau.

Au fil du temps - Eider II ne naviguait plus depuis quelques années - ces entrées d'eau douce ont en effet imprégné et pourri les plis d'okoumé du CP ainsi que les bauquières et certaines zones du bordage, principalement à hauteur des cadènes.

Mince consolation, par la suite le CP sera séparé avec une grande facilité des bauquières et des barrots (vidéo).

Mais si ces derniers ont relativement bien résisté aux champignons, les bordés adjacents aux cadènes et les 2/3 arrière des bauquières nécessiteront en revanche une refonte complète.

Maïca Eider 2 à Toulon en 2010

Au pied de biche

Le pont ainsi que les pavois*, le roof et le cockpit seront souvent déposés en petits morceaux.

Alors que beaucoup de queues d’aronde de barrotins sont pourries, les barrots du roof pourront tous être réutilisés.

Au préalable, l'accastillage et les équipements ont bien entendu tous été déposés.

 

 

* Pour mieux la défendre des vagues et aussi... retenir les choses à bord, ces pièces de bois qui courent de l'étrave à la poupe (et qui procurent toute sa grâce au plan Illingworth & Primrose) sont le prolongement de la coque au-dessus du pont.

Maïca à tableau Eider 2

Dépose des cloisons

Les cloisons non-structurelles sont déposées dans un premier temps.

Certaines d'entre elles seront réutilisables tandis que d'autres seront juste conservées comme gabarit ou matériau.

Conçus pour être démontables, les emménagements ont facilement été enlevés (contrairement à ceux des Maïca CMN) ; certains d'entre eux seront réutilisés.

 

Cloisons structurelles

Une seule cloison était en fait structurelle, celle située au niveau du mât dont on aperçoit aussi les épontilles sur le photo précédente.

Vous pourrez voir un peu plus loin, au cours de l'avancement de la restauration, l'intérêt de transformer les deux demi-cloisons (visibles au premier plan) en une seule cloison structurelle.

Cloisons Maïca Eider 2

La varangue de pied de mât

Il s'agit de la seule varangue en bois du bateau (Cf. article Varangues).

Son aspect peu engageant a entraîné sa dépose.

Par contre, au cas où Eider aurait des envies de bouger, la cloison structurelle ne bouge pas pour l'instant.

La nouvelle varangue est en chêne. Dessinée un peu différemment (pour servir de marche), elle sera rapidement posée pour consolider le canard avant d'imaginer d'en déménager sa cloison structurelle.

 

Reconstruction

Notre projet de reconstruction du roof prévoit de se référer à sa seconde version, c'est à dire façon Maïca CMN.

Le Dr Rothey, premier propriétaire d'Eider II, privilégiait sans doute la première version car elle offrait la possibilité de maintenir l'annexe (survie obligatoire en course à l'époque) coincée entre la partie surélevée du roof et le mât...

En savoir + sur les version du Maïca

Dépose cloisons Maïca Eider 2

Étrave aux canards

Nom du bateau

Roof démonté

La cabine avant... d'être restaurée

L'un des réservoirs d'eau douce